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 to the fools who dream (toder)

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MessageSujet: to the fools who dream (toder)   Sam 22 Avr 2017 - 20:21

New York. La mégalopole par excellence, le rêve d'une vie, l’effervescence à chaque coin de rue et le champ des possibles au bout des doigts, la liberté absolue. Celle de se réinventer, de recommencer, de vivre un rêve américain suranné qui n'a jamais existé au-delà des skylines impressionnantes. D'y croire, enfin. Cette ville a toujours été pour Daisy le rêve le plus inaccessible, le plus dingue. Quand elle fermait les paupières et s'imaginait dans dix ans, c'est souvent ici qu'elle se songeait, à arpenter le goudron brûlant sans autre but que celui de vivre à pleins poumons. Et putain, elle y est. Non, mieux encore, ils y sont et New York n'est même pas un rêve absolu, ce n'est que le commencement, la première étape d'un songe éveillé, d'un voyage qui a tout d'initiatique. Ils ont butiné toute la journée, tous les trois, au gré de leurs envies et bien loin des guides touristiques écrits d'avance. Ils ont caressé de leurs opales admiratives la statue de la liberté, pénétré dans l'enceinte du musée d'histoire naturelle pour y admirer l'imposant dinosaure, ils sont montés en haut d'un building réservé à une armée de cols blancs trop concentrés pour s'émouvoir de leur présence pour errer ensuite près de Broadway, la magie d'un autre temps. Ils ont esquissé quelques pas sur le fameux pont de Brooklyn, couru pour prendre un métro, et le louper, ils ont écumé des boutiques cachées dans des ruelles peu engageante et celles des grandes avenues pour finir par s'échouer à Coney Island, dernier caprice d'une Daisy bien décidée à tout voir, tout entendre, tout enregistrer de ce qui serait, pour sûr, elle s'en faisait la promesse, le premier jour du reste de sa vie.
Il est tard lorsque Daisy cherche à tâtons les clefs de leur chambre d'hôtel dans une rue mal éclairée d'Harlem. Elle croit même s'être assoupie contre l'épaule de Ryder dans le métro qui les ramenait au nord, après un dernier arrêt dans un bar pour célébrer leur départ prochain. Elle peste contre elle-même et son sac de fille (en bordel), les mots englués contre sa langue à cause de l'alcool. Elle se saisit finalement du Graal dans un large sourire et soupire d'aise en retirant ses chaussures, les jambes lourdes d'avoir tant marché. Dee, elle s'écroule gaiement sur l'unique lit de la chambre minuscule, sur le ventre, les jambes battant l'air et son minois radieux entre ses paumes. Elle jette un regard amoureux à son sac à dos plein à craquer, prêt à la suivre pendant six mois, et glisse un bras longiligne jusqu'à la table de nuit pour se saisir des prospectus empilés. "On se commande une part de pizza ? Il paraît qu'elles sont gigantesques ici." ajoute-t-elle de sa voix rauque, jamais fatiguée de tant se faire entendre, sans relever la tête vers Toby ou Ryder. "Tobs, tu sors ta bouteille ? C'est lourd, autant que tu t'en débarrasses maintenant." Elle lui adresse un clin d'oeil complice, de sa tendresse coutumière, mais qui n'appelle aucun refus. Et il ne peut pas lui cacher, Daisy s'est assurée que leurs sacs ne manquaient de rien, en les vérifiant trois fois. Il est près de minuit mais elle est pleinement réveillée, l'énergie brûlante qui la consume la rendant fébrile. Son coeur cogne plus fort contre sa poitrine, alcool aidant, et ses prunelles aux allures de constellations se révèlent plus brillantes qu'accoutumées, grâce aux souvenirs du jour qui dansent encore en elle. "Tenez choisissez, moi je m'en fiche je prends comme vous." Dee tend gracieusement le prospectus en direction de ses amis et s'affaire à nouveau sur son sac, pour y sortir les instantanés du jour. Elle admire longuement chaque cliché, le coeur au bord des lèvres et le sourire qui y fleurit tout autant et, la mort dans l'âme, accepte de se séparer de deux photos d'eux trois, prises sur le vif. Elles sont presque toutes ratées, ici l'un bouge et là c'est mal cadré, sur celle-là un groupe de touristes s'est incrusté et sur l'autre, toute cornée, la luminosité est mal réglée. Daisy ne maîtrise clairement pas son appareil mais ça ne fait rien, elle griffonne un mot stupide derrière deux photos comme elle sait si bien le faire, des lettres rondes et irrégulières, avec des coeurs sur les i et des étoiles pour signature et confie un cliché de groupe à Tobs et un second à Ryder pour qu'ils se rappellent, eux aussi. Pour qu'ils n'oublient pas, jamais. "Merci. Pour tout." avoue-t-elle dans un murmure feutré, bas, loin des vrombissements habituels de son timbre caressant. Daisy, elle a les prunelles qui fuient, comme à chaque fois qu'elle tâche de dire quelque chose, de le dire pour de vrai au lieu de le sous-entendre. Mais son mécanisme de défense est trop solide, inviolable, prêt à tout saborder pour l'empêcher de souffrir, d'avoir encore mal. Trop mal. Dee, elle voudrait les remercier d'être là, de la suivre de l'autre côté des Etats-Unis comme si ça n'était rien mais aussi (surtout) d'être là tout court, avec elle, pour elle, depuis toujours.
D'avoir été pas seulement des amis, mais une famille, quand la sienne s'est faite la malle. D'être toujours là malgré les épreuves et le temps qui délie les liens les moins solides, les aléas de la vie, la confusion des sentiments et les rares frictions. D'être là malgré tout.

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MessageSujet: Re: to the fools who dream (toder)   Dim 23 Avr 2017 - 16:00

Son esprit se veut volubile, s'éloigne et revient à mesure que les paysages défilent sous ses yeux. Il se laisse ronger par les odeurs, mordre par les sensations. Il se brûle les yeux à l'observation de ce monde. Monde nouveau, monde fou. Bercé par le bruit ambiant d'un peuple qui vit, qui se presse, qui change à chaque seconde. Il s'émerveille et ça le prend au tripe. Sentimental qu'on disait de lui, il ne faisait rien d'autre qu'admirer la beauté. Étendue de magie sous des regards ébahis. Il a tout du parfait touriste, Ryder. Il s'illumine pour rien, opales brillantes et brûlante d'impatience. Il s'extasie, il s'imprègne. Cette vie qu'il a quitté lui semble lointaine. Vagues souvenirs d'un univers miteux. New York. Il en avait rêvé un jour, rêve d'une nouvelle vie dans cette immensité. Beauté fatale pour des yeux qui n'ont jamais rien vu que la noirceur, la bassesse d'un peuple qui ne lui ressemblait pas. Ryder, il se nourrit d'un instant qu'il aimerait éternel. Toby et Daisy pour seule compagnie et cette ville qu'ils pourraient conquérir. Il suit le mouvement, visite au gré du vent, des envies et de l'instant. Il aurait aimé vivre ici, naître ici. Grandir et se découvrir, tester et recommencer. Ici, tout semble possible. Renaissance et périple. Ici, ce n'est que le début d'une aventure. Six mois d'une vie inespérée. Ils partiront bientôt.
Retour au concret, hôtel qu'ils ont pu se payer. Harlem et son retour à la réalité. Ce n'est pas Hoxie. Le rêve, il n'est pas si loin. Il ne s'éteint pas. L'alcool défile dans ses veines, l'état second le dépose sur un nuage. Il sourit, Ryder. Comme un con, béatitude sur un corps heureux. Corps qui s'évapore, coeur qui palpite. Il n'y a rien pour perturber l'instant. Dernière bouffée d'une cigarette, le temps d'entrer dans leur piaule d'une nouvelle vie. La chambre d'hôtel s'ouvre à eux, endroit mal éclairé. Endroit simpliste. Des sacs pour rappeler ce qu'ils font ici. Ces sacs, c'est l'espoir de partir ailleurs. L'espoir d'un changement meilleur. Ryder, il l'observe elle. Douceur de cette fille, bonheur de ce rayon de soleil qui le rend fou. Fou d'un amour incontrôlable. D'un amour indescriptible. D'un amour qu'il tait. C'est mieux ainsi. Il ne la quitte pas des yeux, s'imprègne de l'image qu'elle renvoie. Image bonheur, image douceur. L'instant, il l'aurait voulu sans fin. Les jambes battant l'air, son sourire solaire, sa voix unique. « Je suis pour la pizza, j'meurs de faim. » Il l'a oublié son estomac, simplement rempli de liquide. Il en a oublié de manger, trop rongé par ce bonheur inattendu. Ivre d'une félicité, mélange d'alcool et de ces instants merveilleux, de son visage et de leur présence. Il se saisit du prospectus. « C'est fou, tout donne envie ici. Même ce mélange étrange d'anchois et d'ananas. » L'exotisme new-yorkais avait quelque chose de fascinant à ses yeux. Ryder, il se laisse envahir par l'excitation. Il sait pourtant qu'il se contentera d'un grand classique. Du fromage en surdose, sa préférée. « Je pense que ce sera celle aux fromages. » Comme d'habitude. « Puis on pourrait se laisser tenter par un truc ... fou. » Il se sent rempli d'une excitation qui lui donne des ailes. Étrange sentiment pour lui, toujours si discret. Il tend le bout de papier à Toby, il n'aura qu'à trancher. Choisir. Ryder, il a besoin de se libérer de ses chaussures, de sa veste aussi. Il a besoin de s'asseoir, ses jambes sont lourdes de cette journée. Il s'assoit au bord du lit, observe du coin de l’œil ce que fait Daisy. Le tableau qu'ils forment tous les trois lui plait. Ryder, il est heureux comme il ne l'a plus été depuis longtemps. Et les doux mots qui sortent de ses lèvres font battre un peu son cœur. Ryder, il n'aurait pas survécu sans elle. Il n'aurait jamais réussi à quitter Hoxie. Ryder, il n'aurait jamais pu quitter son univers morose. En observant la photo qu'elle venait de lui donner, il se prend en pleine gueule la réalité. Sans eux, il ne serait rien. Sans eux, il aurait dépéri. Il sait que Daisy n'est pas démonstrative. Carapace de sentiments. Il s'allonge près d'elle, regard doux sur ce visage qu'il aime tant. « On va vivre l'expérience de notre vie. Sans vous, rien ne serait pareil. » Ils sont prêts à partir, comme la famille qu'ils sont devenus. Ils n'ont jamais été aussi prêts, sans doute.
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MessageSujet: Re: to the fools who dream (toder)   Dim 23 Avr 2017 - 19:37

we bruised easy and loved hard and both hurt more than they should’ve. he said we were gods and i said i wouldn’t take it so far, said maybe we’re just pretty damn great at pretending. she said stop it but i didn’t stop it, just kept tearing down the almost temples. i’m sorry, some things just weren’t meant to be holy.


Toby ne fait pas vraiment dans la réjouissance. Le sentiment le plus approchant dont il est physiquement capable s'avère être une absence d'irritation. L'idée d'embarquer dans un bus, pour une période résolument bien trop longue pour être partagée avec tant de représentants de la race humaine, ne le fait miraculeusement pas chier. En ça, c'est un progrès. En ça, c'est carrément une percée. Et la raison, l'unique, elle est plurielle, elle est double, elle a deux paires d'yeux émerveillés qui se posent sur absolument tout. Ryder et Daisy ne savent pas où donner de la tête, dévorent le moindre centimètre carré disponible à leur gloutonnerie culturelle. Ils forment un spectacle bien plus édifiant que la ville qui ne dort jamais, mais les suivre du regard est douloureux. Littéralement. Il a mal aux pieds, Toby, il est crevé, il a soif. Comme eux tous. Mais il y a cette putain de créature qui se tapit derrière son front; il la sent s'agiter, frémir, se faire les griffes sur ses globes oculaires. Plus par habitude que stoïcisme, il ne laisse rien paraître. De toute façon, quand on tire la tronche 24/7, l'exercice est aisé. Dans le métro, sous deux paupières lourdes, il les observe. Assis en face de lui, Dee a la tête posée sur l'épaule de Ryder, les cheveux en bataille, souvenir évanescent du vent newyorkais. Même dans le vacarme, même dans la crasse et la chaleur, elle a le sommeil apaisé. Apaisant. Elle est son plus puissant antidouleur.
Il observe Ryder, la façon dont il contrôle visiblement sa respiration pour s'harmoniser à celle de Dee, pour ne pas risquer de l'éveiller.
Une putain d'image d'Epinal.
Puis il y a son maudit reflet à lui. Spectre flou, trop pâle et trop foncé. Visage sinistre, en noir et blanc, qui plane au dessus des leurs. Qui s'immisce entre eux, eux qui sont tellement vivants, l'existence en technicolor. Il aimerait ne pas donner à cette vision plus d'intérêt qu'elle n'en mérite, mais Toby est bien trop allé à la messe pour ne pas y voir une foutue parabole.

(Enfin) de retour à leur chambre, il s'affale sur le fauteuil probablement infesté de puces. Toby est presque certain que beige n'était pas sa couleur d'origine. Il compte y passer la nuit, alors autant y imprimer l'empreinte de son cul tout de suite. Il n'y a pas si longtemps, les choses auraient été différentes. Ils se seraient sans doute entassés dans le lit, les bras ballants contre la moquette. Mais tout a changé, tout est devenu compliqué – à moins qu'ils aient toujours été fucked-up. Dans cette atmosphère de co-dépendance tendue, Toby n'est pas certain que la meilleure des idées soit de se confiner dans un espace clos pour six mois. Mais, goddamn, ils sont là, tous les deux, allongés sur le pieu, sourires béats débordant de leurs traits, deux princesses Disney suintant le contentement – et Toby ignore s'il est le rabat-joie de service ou plutôt le seul à être réaliste.
"Sers-toi," lance-t-il à Dee, sans ôter les mirettes du ventilo du plafond, lorsqu'elle réclame sa bouteille. Il en achètera une autre demain. S'il s'apprête à pioncer sur cet ignoble fauteuil, d'ailleurs, l'idée de se faire assommer dans un coma certain par le bourbon n'est pas repoussante. Il reste immobile – Dee est plus proche de son sac à dos que lui, de toute façon. Il se saisit machinalement du menu que Ryder lui tend, mais n'y jette qu'un coup d'œil superficiel avant de basculer de nouveau la nuque contre le dossier de son trône, le prospectus rouge vif en équilibre contre son t-shirt. "J'veux de l'huile piquante." Sa seule concession aux plans communs. Il a un tambour dans la boite crânienne et, quand cela arrive, Tobs aime effacer la douleur cérébrale derrière une autre souffrance, quelle qu'elle soit. "Beaucoup d'huile piquante." Tout pour faire feuler la bête entre ses sourcils. Un carré de papier vient rejoindre la brochure sur son torse. Il ouvre à peine un œil, descend le menton brièvement avant de reprendre sa position initiale. Il n'est pas comme eux, Toby. Il ne porte pas son humanité en écharpe, son cœur dans sa manche. Son amour pour eux est tout sauf sa force – c'est un parpaing. Qui le retient près d'eux. Qui l'empêche de se barrer. C'est l'élastique qui le ramène entre Ryder et Dee, inlassablement, alors qu'il sait pertinemment – ils le savent tous - que tout le monde finirait plus heureux s'il avait le courage de le rompre. "Que chacun garde le Polaroid dans son porte-feuille. On en aura bien besoin, si un de nous se fait kidnapper et qu'on doit fournir un portrait aux flics." Alors qu'ils vivent pour lui, et l'un pour l'autre, Toby, il pourrait crever pour eux. En un certain sens, métaphoriquement, il en a bien l'intention.

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MessageSujet: Re: to the fools who dream (toder)   Lun 24 Avr 2017 - 19:00

Daisy se sent bien dans cette pièce étroite qui sent le renfermé, entourée d'eux. Allongée sur le lit, les yeux rivés au plafond tâché de moisissures, elle a l'impression de flotter à quelques mètres du sol, dopée aux endorphines qui viennent chatouiller ses veines et offrir à son cerveau un repos bien mérité. C'est Ryder et sa voix de berceuse, si agréable à l'oreille, qui vient la tirer de son état second en proférant des insanités mêlant pizza et ... ananas ? "Ewww. Y a quand même des limites à ne pas franchir." se réveille Daisy instantanément pour ne plus jamais s'élever au-dessus du sol, à nouveau ancrée dans la réalité. Une réalité qui l'enthousiasme tellement qu'elle peine à réaliser qu'elle est réelle. Palpable. Que le bras de Ryder qui frôle le sien n'est pas l'objet de son imagination, que leurs sacs à dos alignés, déjà rassemblés, ne vont pas s'envoler dès qu'elle fermera les paupières et que Toby sur son trône sans doute dévoré par les morpions, il est vraiment là. Parce que si cette version de la réalité est beaucoup trop belle pour être réelle justement, elle est aussi portée par de subtils changements qui paraissent relever du domaine de l'imaginaire, de son habituel monde altéré qui danse entre ses doigts. Comme Ryder et ses barrières invisibles, Ryder qui ose si peu alors qu'il pourrait tant, qui envisage ... une folie, un mot qui lui colle si mal à la peau. Même adolescent, il a toujours été le plus sage, le plus raisonnable, à côté d'un Toby qui se noyait (et persiste toujours) dans un goût du risque assumé et une Daisy qui quittait le carcan étroit de maîtresse de maison dès la porte d'entrée franchie pour suivre le même chemin. "Un truc fou, hm ? J'ai des tas d'idées..." Dee arque un sourcil faussement aguicheur en direction de Ryder pour le mettre un rien mal à l'aise, armée de ses prunelles expressives beaucoup trop brillantes pour ne pas vendre la mèche de sa plaisanterie graveleuse. Et pourtant, son esprit fertile se met en branle bien malgré elle dans un scénario qui n'aurait même pas sa place dans un mauvais porno. Y a quelque chose d'un peu sale, à fantasmer sur ses potes, à les imaginer dénudés, caressés par ses phalanges fébriles et sa bouche brûlante. D'un peu défendu, sans doute, mais Daisy, elle l'a fait. Souvent. Des tas et des tas de fois, notamment à l'adolescence, où ses hormones bouillonnantes ont brûlé entre ses reins plus vite et plus fort que la moyenne. Ce n'est pas sa faute après tout, si Ryder est le premier garçon à qui elle a offert un baiser papillon, colibri, une étreinte ridiculement brève pour faire comme les grands à l'âge miniature et insouciant où tout ça ne veut rien dire, s'il se montre toujours si tendre, si doux, qu'il semble incapable de blesser, jamais, dans un constat qui ne devrait pas le faire, mais qui la rassure. Ce n'est pas sa faute non plus si la frontière a toujours été mince avec Toby, brouillée, tentante et effrayante à la fois. Franchie, aussi, dans un abandon exaltant, total, confiné à la va-vite dans une zone lointaine et mal éclairée de son cerveau. Parce qu'y songer, s'en souvenir autrement que comme d'un événement embrumé dont on ignore s'il est réel ou rêvé, c'est l'autoriser à venir ronger ses fondations, à lui faire mal. Daisy, elle n'est pas faite pour la douleur, elle préfère les saveurs amoindries que les explosions qui bousillent tout quand le rideau tombe. Et il tombe toujours, elle le sait. Alors elle roucoule, un sourire malin aux lèvres tandis qu'elle imagine en elle une version idéalisée et très, très sensuelle, d'un avenir radieux. Eux trois, ensemble pour toujours. Sans promesse, sans cage dorée et relation contractualisée. Juste leur éternelle bulle, sans personne pour la faire voler en éclats. Daisy, c'est sa plus grande peur, qu'une autre la chasse, qu'une autre les dérobe et qu'elle se retrouve seule, à nouveau, le palpitant comprimé. C'est le schéma classique, le passage de l'adulescence libérée à l'âge de raison, celui où les amis deviennent mensuels, au mieux hebdomadaires, où on s'installe dans une mansarde délabrée avec un travail sérieux et un foyer à construire, le bébé vagissant et le joli labrador sable. On ne vit pas éternellement au crochet de ses amis, on ne les empêche pas de déployer les ailes par peur de ne jamais s'envoler soi-même, ensuquée dans du mazout. Mais Daisy, c'est ce qu'elle fait, égoïstement, sans toutefois réaliser combien son attachement à eux et à la fois son non-attachement le plus absolu à tout ce qui n'est pas eux se révèle toxique. "Non je déconne, de l'alcool et un bain brûlant c'est toutes les folies dont j'ai besoin ce soir." note-t-elle joyeusement en se relevant pour attraper la bouteille dans un éternel sourire facétieux, le genre à éclairer l'âme, alors qu'elle avoue à demi-mot que oui, la présence d'une baignoire au détriment d'un second lit n'est peut-être pas une coïncidence.
Tobs réclame de l'huile piquante comme seul caprice et elle dépose sur ses traits fatigués, tendus, son regard le plus vif. Le prévenant, celui qui cherche à scanner, à sonder plus loin que l'épiderme laiteux et les muscles nerveux. Celui qui cherche à guérir, à apaiser, qui traque le plus minuscule signe des migraines qui s'annoncent afin de prendre les armes. Des armes factices, rouillées et inutiles, jamais à la hauteur mais qui combattent quand même jusqu'à la destruction la plus totale. Jusqu'au dernier soldat sacrificiel, parce que Toby, elle déteste le savoir en souffrance. Mais Dee, elle a beau essayer, elle a beau essayer très fort, elle ne voit pas tout et ce soir, nimbée d'alcool et étourdie de bonheur, elle ne discerne rien d'anormal, seulement la mâchoire serrée habituelle et les yeux sombres qui lui donnent envie d'attraper sa main entre ses doigts guérisseurs. Il accueille sa photo avec son détachement habituel et Daisy partage avec Ryder, plus expressif, plus proche d'elle, son plus beau minois désespéré, mais jamais vaincu par le fatalisme péremptoire de Toby. "Not on my watch." souligne-t-elle fièrement, avec une assurance absolue avant même de se marrer gaiement face à ses conneries. Dee, elle ne l'autorisera pas, parce que tout doit bien se passer dans une dictature du bonheur dont elle est la garante absolue. Elle serre son propre polaroïd entre ses doigts et laisse ses pulpeuses refléter mieux que ses mots combien tout est parfait. Pas parfait, bien sûr, ils sont tous les trois un peu brisés, un peu bancals, perdus aussi. Et puis la photo est brouillée, Dee tourne la tête, Tobs ferme les yeux et Ryder a oublié de sourire, mais il y a leurs bras autour de ses épaules, de sa taille et les battements de son coeur qu'elle entendrait presque à travers le papier. Alors c'est bien. Comme la scène qu'ils vivent en ce moment, à quelques détails près que Daisy entend bien rectifier : "Tobs, moi vivante, tu dormiras pas dans ce fauteuil, c'est non-négociable. On échange, t'as le sommeil léger et je m'endors n'importe où." Du moment que la lumière filtre suffisamment et qu'elle sent une présence à ses côtés, à proximité. Toby, il a le sommeil capricieux, compliqué, elle le sait Dee, elle l'a assez entendu se tourner et se retourner, elle s'est assez glissée entre ses draps, avant, pour essayer d'apaiser ses démons, la douleur ou la colère. Alors elle le fixe de son air qui déconne pas mais que personne ne prend au sérieux, tant il semble sorti d'un dessin animé, non mieux, d'un manga exagéré. Daisy furibonde, aux sourcils froncés et au nez plissé, ce n'est pas naturel, ce n'est pas intimidant, même ainsi, elle a davantage l'air inoffensif d'un bambi vulnérable que d'une femme fatale qui te ferait filer droit. "Allez, viens trinquer !" Elle réclame comme le tyran en culotte courte qu'elle est, derrière sa gentillesse ineffable et sa sociabilité pleine, ronde, organique. Mais Dee, elle réclame, elle demande, beaucoup. Du temps, de l'attention, des gestes, des regards, tout ce qu'elle sait s'y mal rendre, elle en a douloureusement besoin comme d'un carburant. Et le plus essentiel, celui sans lequel elle aurait les jambes coupées et le souffle erratique c'est les leurs. Ryder et Toby. Daisy se redresse doucement pour s'asseoir en tailleur sur le lit inconfortable, la bouteille de Jack entre ses cuisses. Elle jette un regard à Rye qui commande leur pizza pimpée et se délecte d'une première gorgée, à même le goulot. Le bourbon, c'est pas sa came, pas sa came du tout mais lorsqu'elle recherche purement et simplement l'ivresse, un sentiment d'euphorie naïf pendant lequel l'univers des possibles semble atteignable, tout lui va. Malgré elle, elle grimace un peu en reposant la bouteille sur les draps et reporte son attention versatile sur ses amis. "Vous attendez quoi de ce voyage ? Franchement qu'est-ce qui pourrait nous arriver de mieux en six mois ?" Dee, elle est prête pour tout. Ce qu'elle espère, c'est de ne jamais revoir Hoxie. Jamais. C'est un peu extrême comme raisonnement, facile, immature, c'est toujours avancer en fermant les yeux comme elle sait si bien faire, mais ce serait sa première réponse. Les autres, elles sont rédigées à l'encre de son questionnaire, le même que Ryder et Toby n'ont pas souhaité lui montrer. Elle a roulé des billes, une fois, deux fois, supplié, proposé des monnaies d'échange, faire les lits, confectionner des sandwichs, payer des tournées dans les cinq premières étapes, et puis finalement, elle a abandonné, consciente qu'elle non plus ne souhaitait pas s'ouvrir la poitrine et être témoin de leurs réactions face à ces mots de gamine blessée par la vie.

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