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 Dans la chaleur des cendres - Dee

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mungo


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Ta célébrité : adam gallagher
Crédits © : moi (ava+gif) ; bat'phanie (signa)

Ta présence ici : Présence en pointillés
Monté à bord à : New York
Argent sur toi : 300$ + CB
Dans ton sac : objets obligatoires
appareil photo gros objectif
ordinateur portable
caméra gopro
carnet en feuilles recyclées
crayon à papier
téléphone portable
"le petit prince"
des cigarettes industrielles
un briquet zippo
une photographie de sa soeur

MessageSujet: Dans la chaleur des cendres - Dee   Ven 26 Mai 2017 - 2:35

Tu entends au loin le son d'une guitare et le murmure d'une voix qui chante. Une douce mélodie, tirée des films, ou peut-être de tes souvenirs de précédents voyages. Le ciel est dégagé et la nuit, étoilée. Tu aperçois au moins la grande ourse, l'une des seules constellations que tu es capable de reconnaître. Une casseroles majestueuse. En quoi c'est sensé être un jour ? Tu te l'es toujours demandé.

Tu avances en direction du feu de camp qui crépite. Les braises rougeoyantes s'envolent dans les airs avant de retomber en virevoltant, recouvrant le sol d'une suie fine et légère. Tu humes l'odeur familière du bois qui brûle. Tu as toujours aimé ce parfum envoutant, à la fois synonyme d'hiver et d'été. Le bois du poêle dans un chalet de montagne, ou celui du feu de joie des camps d'été, où grillent des marshmallow. Tu souris. Ce road trip commence divinement bien. Dans ton esprit se mêlent souvenirs et émotions.

Tu repères une demoiselle accroupie à une distance raisonnable du feu. Elle ne semble discuter avec personne, alors tu décides de t'approcher. Son visage est éclairée d'une lumière vacillante, et ses cheveux auburn reflètent les flammes ambrées. Tu souris. C'est plutôt magique comme début de road trip, hum ? Tu dis, tout en t'asseyant à côté d'elle, à une distance respectable. Voilà un jour que vous étiez arrivés à Ocean City, et la deuxième nuit de votre escale venait de tomber. 

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Je suis rentré dans vos routines...
parti en courant d'air. maintenant je vais boire tout le voyage jusqu'au bout de la nuit. effacer les mirages, apprécier le goût de la vie. prends juste un sac et pas de bagages en soute. aujourd'hui j'ai les idées claires ▬ chad + winter
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rooster


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Argent sur toi : 236,74 $ et une cb.
Dans ton sac : l'essentiel bien compartimenté, un carnet de voyage en cuir, un stylo plume et des crayons colorés, un iPod rangé par playlist, de la crème pour les mains à l'odeur sucrée, un rouge à lèvres nude, Lolita son livre favori, des capotes, des chewing-gum, des bonbons acidulés, un lomo'instant, son parfum, des lunettes de soleil, un élastique, les cendres de papa, les derniers mots de maman, le superflu en bordel.
Relations : ♔ ryder, tobs.


MessageSujet: Re: Dans la chaleur des cendres - Dee   Sam 27 Mai 2017 - 23:24

Social butterfly par excellence, Daisy ne sait pas réellement si c'est la lumière, le bruit ou les gens qui l'attirent jusqu'à s'en brûler les ailes. Sans doute les trois. Ce qu'elle sait, en revanche, c'est que la solitude lui grignote les entrailles et qu'un silence pesant comprime ses poumons d'angoisse, donc c'est ce qu'elle fuit, en permanence. Ce voyage, il a aussi quelque chose d'initiatique, de salvateur, bien qu'elle le taise. Il est supposé la soigner, au moins un peu. Faire taire sa crainte irrationnelle de l'abandon qui l'entrave depuis déjà si longtemps, le départ de maman et celui de papa. Celle qui la rend si fébrile et l'enferme souvent dans une désastreuse caricature d'elle-même. Elle, elle donne tout pour qu'on la regarde, qu'on la remarque, qu'on la veuille, même si ça ne dure pas longtemps. Elle se nourrit de l'attention qu'on lui porte, des soupirs et des caresses, des regards et des sourires. Et Daisy, elle veut bien essayer de s'améliorer, vraiment, elle espère que la distance avec un Hoxie toxique et de nouvelles amitiés solides nouées sur la route l'aideront mais pour l'instant ... au deuxième soir, il est encore trop tôt pour espérer un miracle.
C'est pourquoi elle est là, près du feu qui dessine de jolies arabesques sur sa peau dénudée, le minois rivé sur la carte postale à l'effigie d'ocean city qu'elle s'apprête à rédiger, absorbée par sa tâche. "Salut Jill !" jusque là, tout va bien. Une ponctuation enjouée, l'utilisation du surnom familier pour créer une proximité perdue avec les années ... elle a tout bon, Dee. Elle partage une aventure extraordinaire avec une meilleure amie perde de vue. C'est chouette, non ? Ce serait chouette, oui, si entre les lignes ce n'était pas à William Peterson qu'elle s'adressait dans une vaine tentative de lui prouver qu'elle avait réussi, même sans lui. Qu'elle était partie loin d'Hoxie, ses rêves plein la tête, comme elle lui avait toujours dit, même s'il raillait avec tendresse ses lubies de gosse intrépide qui apprendrait à se polir, avec l'âge. Parce que si elle a besoin du regard des autres pour avancer sans trébucher, l'assentiment qu'elle recherche le plus, c'est celui des papas. Elle l'a réalisé très jeune, Dee, alors qu'elle dînait chez Jillian. Elle avait treize ans et cherchait plus que de raison le regard de William Peterson. Elle cherchait à le faire rire, à se montrer renversante, intéressante, adulte et rosissait sous ses rares coups d'oeil. Le soir, dans l'intimité du lit de sa copine d'école, Daisy a affirmé très sérieusement qu'elle était amoureuse de William, elle qui ne connaissait rien de l'amour et encore moins des hommes. Jill a ri, longtemps, de l'admiration sans bornes de son amie pour lui sans réaliser que Daisy ne plaisantait pas. William la troublait parce qu'il était tout ce dont on l'avait privée, tout ce qu'elle désirait retrouver : la fierté dans les yeux d'un homme mature, des questions toutes simples sur sa journée qui démontraient un intérêt réel, une main bienveillante sur son épaule et des sourires complices. Jillian, elle a laissé la môme coloniser son papa avec une générosité sans nom, consciente que Daisy en avait besoin, elle devenue maman de son propre géniteur, jusqu'à ce qu'elle franchisse la ligne rouge, des années après. Encore mineure, Dee a goûté aux lèvres de William, à la tendresse touchante d'un homme rendu fébrile par le fruit défendu. Il n'a pas été le seul, mais il a été le premier à tatouer sur sa peau les conséquences de ses daddy issues. Ce n'est pas seulement physique, ça l'est même rarement mais Daisy, elle a besoin de figures paternelles. Elle a le vieux Mo, son patron au pub qui l'écoute patiemment, l'engueule et la rabroue comme un père fouettard, elle a Rhys, le metteur en scène de sa troupe de théâtre qui la pousse en avant et refuse ses avances enflammées, maladroites.
Mais ce n'est jamais suffisant, car rien ne remplace l'amour paternel, l'amour maternel, la douleur de n'avoir jamais été assez pour des parents démissionnaires. Pourtant, Daisy insiste. Libre de l'entrave étouffante d'Hoxie, elle tisse elle-même la propre toile qui l'engluera, en feignant la carte postale enjouée à une amie qui ne lui a jamais tout à fait pardonné pour mieux rechercher le père. Le père qui lui manque plus encore, depuis que papa est décédé. Ce n'est pas constant, parce qu'il était parti depuis longtemps, même vivant. Ca vient lui lécher le coeur comme une vague, comme un vague-à-l'âme, en réalité, la douleur, le manque, et sa façon de réagir toujours mal, à l'envers, de façon aveugle et déraisonnable. C'est une voix grave, masculine, qui l'extrait de sa rédaction inutile et clairement masochiste. Daisy relève la tête, groggy, un rien étourdie par ce retour abrupt à la réalité et contemple longuement les ombres qui dansent sur le visage de Chad avant de s'ancrer à nouveau dans cette jolie soirée printanière. Ses pulpeuses esquissent un sourire chaleureux alors que ses opales viennent rencontrer les siennes. "Ouais, l'océan est magnifique, je crois que j'adorerais vivre en bord de mer. Je ne l'avais jamais vu avant, je savais pas ce que je manquais. Tout a l'air tellement plus joli, plus ... facile en fait, avec le bruit des vagues en fond sonore." Elle conclut dans un soupir d'aise, quelque part entre le contentement le plus absolu et le regret de n'avoir pas eu le courage de partir plus tôt. De quitter son Arkansas nauséabond avec Tobs et Rye, en emportant son papa sous le bras et la maman de Toby aussi. Peut-être que la brise marine aurait chassé les ténèbres en lui, peut-être même qu'il serait tombé pour la mère de son meilleur ami, ce qui a toujours été le fantasme absolu de Daisy : que papa retrouve le sourire avec la sainte à laquelle Tobs était si attaché. Ses prunelles océanes délaissent un instant les traits de golden boy de Chad pour se perdre dans l'horizon, au loin. Un horizon aux allures de champ des possibles qui l'électrise. Ce n'est que le début et c'est déjà si bon. Son esquisse chatouille ses commissures pour s'élargir d'elle-même, alors que Dee tend sa bière à peine entamée à son acolyte, dans une prière silencieuse pour prolonger le contact. "Ça te brancherait d'aller faire un tour à la fête foraine ? J'ai acheté un tas de tickets en passant tout à l'heure mais finalement j'ai rejoint les autres en terrasse puis ici et ils dorment encore dans ma poche." Délicatement, Daisy saisit le Graal entre ses doigts et dévoile une poignée de tickets à Chad, un fin sourire de connivence flottant sur ses pulpeuses, le suppliant d'accepter.

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MessageSujet: Re: Dans la chaleur des cendres - Dee   Mar 30 Mai 2017 - 2:36

Tu fixes le feu vacillant et les flammes imprègnent tes pupilles. Tu passes ton bras autour de tes genoux, saisissant ton poignet avec ton autre main pour maintenant ta position. Tu souris. L'aventure. Les feux de bois ont toujours eu une part de mystère inexplicable, comme un charme invisible mais indéniable. L'odeur agréable de bois fumé s'élève dans les airs et tu inspires l'air, fermant les yeux. L'iode se rajoute au décor. AU loin sifflent les mouettes. Le vent charrie une odeur d'algue, et l'humidité de l'air qui se dépose sur ta peau trahit la présence proche de l'océan. Tu le reverras demain, au lever du jour. Tu n'as jamais vu l'océan ? Tu reprends, en t'exclamant. L'Amérique est si vite que cela te surprend sans plus. Pour toi qui en a vu tellement, en revanche, cette déclaration semble irréelle. Tu ne peux pas repartir sans avoir assisté à l'aurore délicate des bords de mer. Tu continues, sans aucun jugement. L'horizon s'embrase et se reflète dans l'océan limpide. Il faut absolument que tu vois ça. Et après tu ne voudras plus jamais le quitter. C'est pire qu'un premier amour. Tu enchaines, te remémorant tous les levers de soleil que tu as pu apercevoir. Certain te soutiendront que les couchers de soleil sont magnifiques en bord de plage. Mais ils n'ont jamais assisté à un lever. C'est tellement plus beau, plus paisible, comme une renaissance éternelle. Et le calme qui borde la plage à ce moment-là ne pourras pas te laisser de marbre. Tes paroles s'évadent, toutes seules, et tu partages avec Daisy l'une des choses les plus belles que tes voyages t'ont apportée.

Tu saisis la bière que te tend ta camarade, et tu en bois une gorgée au goulot, sans te poser de questions. Ici tout se partage. Tu fermes les yeux, dégustant la saveur amer et familière du houblon ambré qui s'écoule dans ta gorge. Tu reprends une gorgée avant de la lui repasser. Et tu souris. La vie est faite de choses simples et de petits bonheurs. Tu sens que ces six mois seront inoubliables, et sans doute l'expérience d'une vie, bien plus que ne l'ont été tes précédents voyages. Oh avec plaisir ! J'avais justement prévu d'y aller demain, mais on ne refuse pas les imprévus, surtout quand ils s'avèrent amusants. Tu réponds, laissant s'échapper un rire léger de tes lèvres. Tu tournes le visage en sa direction, posant ton regard doux sur le sien. Je m'appelle Chad, au fait. Tu dis, désireux d'en finir avec l'anonymat.

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