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 (libre) skinny love.

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rooster


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Ta célébrité : amelia zadro
Crédits © : chadounet

Ta présence ici : Je suis là !
Monté à bord à : New York
Argent sur toi : 236,74 $ et une cb.
Dans ton sac : l'essentiel bien compartimenté, un carnet de voyage en cuir, un stylo plume et des crayons colorés, un iPod rangé par playlist, de la crème pour les mains à l'odeur sucrée, un rouge à lèvres nude, Lolita son livre favori, des capotes, des chewing-gum, des bonbons acidulés, un lomo'instant, son parfum, des lunettes de soleil, un élastique, les cendres de papa, les derniers mots de maman, le superflu en bordel.
Relations : ♔ ryder, tobs.


MessageSujet: (libre) skinny love.   Dim 28 Mai 2017 - 0:41

Enveloppée par l'obscurité totale du Rooster qui l'écrase plus qu'elle ne l'apaise, ses yeux de chat rivés sur les couchettes où reposent Rye et Tobs, Dee peine à trouver le sommeil et son flirt pourtant poussé avec Morphée n'a pas l'effet escompté. Il la fuit, le goujat, au lieu de rejoindre ses draps. Putain. Elle a l'esprit embrumé par l'alcool, Daisy, et les veines bouillonnantes, galvanisées par la boisson. Incapable de rester en place, elle finit par capituler dans un long soupir et s'extirpe de son lit de fortune avec la souplesse féline de la funambule qu'elle est. Ses pieds nus foulent le sol et dans la nuit d'encre, Dee peine à mettre la main sur les sandales qui devraient manifestement traîner dans le coin. A moins que ... Ses prunelles brillantes d'ivresse avisent la crinière de feu de Lloyd au loin, et elle aimerait bien le maudire en silence d'avoir probablement rangé ses chaussures dans une crise de maniaquerie aiguë mais Daisy ne peut pas s'y résoudre. Parce qu'en plus d'être responsable de cette joyeuse sauterie et d'avoir le genre de visage à faire fondre les coeurs et chatouiller les reins, Dee le soupçonne de cacher sous ses fringues un corps canon. Couplé à sa timidité adorable et à sa générosité dingue, c'est un cocktail létal, la bombe atomique qui l'élève au statut de fantasme avéré et donc, incritiquable.
Elle capitule, grâce à l'agréable légèreté induite par la boisson et actionne l'ouverture des portes. La brise marine lui fouette le visage, lui arrachant un sourire, et Daisy esquisse une grimace de môme en sentant sa peau entrer en collision avec l'asphalte. Berk. Mais elle s'en fiche, elle fait abstraction parce que le bruit des vagues l'appelle et elle a largement mieux en tête. Dee flotte dans le t-shirt dérobé à Rye, elle qui dépense une fortune en jolie lingerie pour ne finalement dormir que bercée par l'odeur rassurante de ses meilleurs amis, et s'avance à pas prudents jusqu'à ce que le sable remplace le goudron et que l'eau froide vienne lécher ses orteils. Elle soupire d'aise, ferme le rideau de ses paupières sur le monde qui l'entoure et se laisse envahir par les sensations qui l'étreignent. Un sentiment enivrant de liberté, une conscience accrue de sa présence dans un instant t aussi joli qu'une scène de film et puis, cette impulsivité qui gronde en elle. Cette force prodigieuse qui la pousse et l'attire, qui susurre des idées folles à son oreille et rougeoie les braises de son intrépidité. C'est ce fluide vital, contagieux, qu'elle écoute Daisy et qui fait tomber mollement son t-shirt au sol, sur le sable doux. Le vent gifle sa peau nue et la fait frissonner mais sous la lueur blafarde de la lune, elle se sent téméraire, aventureuse, capable d'accomplir des merveilles si elle le désirait. La bouffée d'ego vient de la vodka, une partie d'elle le sait très bien mais décide de l'occulter parce que c'est bon pour une fois, de ressentir une désinvolture totale, sans avoir besoin de la feindre au moins un peu pour donner le change, pour répondre à sa réputation, à l'image qu'elle renvoie perpétuellement, celle d'une fille libre et libérée, à la décontraction totale, sensuelle. C'est faux, mais Dee a souvent avancé les yeux fermés et les paumes devant, refusant de voir, d'entendre, de souffrir surtout.
Elle avance un peu, frémit lorsque la morsure de l'eau glacée atteint ses chevilles et jette son dernier vêtement au loin, la culotte en soie rejoignant plus ou moins son compagnon d'infortune tandis que Daisy s'enfonce dans l'immensité marine un large sourire aux lèvres. Parce que dans sa liste, juste après voir la mer et s'y glisser trônait en lettres d'or : prendre un bain de minuit. Bien sûr, dans sa réalité tronquée, elle l'imaginait différemment, accompagnée, dans une eau à la chaleur tropicale mais finalement, tout ça est bien inutile : il fait nuit noire, elle est seule (tout ce qu'elle déteste) et pourtant, le croque-mitaine à l'intérieur n'est pas à la manoeuvre. Il est loin, silencieux, enchaîné et rien ne la trouble. Rien ne l'atteint. Dee, elle est dopée à l'abandon, au lâcher-prise le plus total et elle flotte, là-haut, bien au-dessus des vagues qui l'éclaboussent, de son papa fantôme et de tout ce qui jette habituellement des ombres insidieuses à ses sourires. Elle se marre, Daisy, en direction des étoiles qui brillent pour elle, de la lune qui l'observe avec sa bienveillance coutumière, avant de se laisser glisser toute entière sous l'écume, pour réapparaître quelques mètres plus loin.

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light of my fire, fire of my loins.


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